Le vélo sans petite culotte

lundi, juillet 11, 2005

Party d'adieu sanglant

On finit par reconnaître instantanément de multiples formes de pleurs d'enfants. Ils pleurent pour dire leur fatigue d'une façon, pour faire chier papa ou clamer leur tête de cochon d'une autre. Ils communiquent leurs petits bobos et, trop souvent, leur réelle tristesse avec des cris et des larmes que papa et maman décodent sans hésitation.

Hier soir en préparant des sandwiches avec mon épouse dans l'étouffante chaleur de la canicule québécoise, le cri de mon fils de 6 ans ne faisait place à aucune équivoque. Notre sang s'est arrêté, l'adrénaline a afflué; nous savions, avant de le voir, que notre fils qui jouait dehors avait eu un accident sérieux. Nous accourons à la porte arrière. Il entre dans la cuisine dans un cri déchirant. Il est couvert de sang. Il en a dans les cheveux, il tient son petit bras et le plancher de la cuisine se couvre rapidement de sang. Le sang de mon fils de 6 ans. Mais laissez-moi vous raconter cette journée depuis le début.

La nuit précédente j'ai été réveillé par un magnifique concert de tonnerres et de pluie douce. J'ai un moment penser que le fantôme de Jim Morrison passerait me voir tellement ce réveil nocturne sonnait comme l'intro de Riders on the storm. Bel orage, mais ça m'a complètement réveillé et entre la chaleur moite et une foutue cervicobrachialgie qui ma fait mal depuis un mois, je n'arrivais à me rendormir que beaucoup plus tard. Je me suis donc levé hier matin, amorti par la chaleur et une très mauvaise nuit de sommeil. Bof. Comme je le mentionais récemment c'est tranquille au bureau, je me la coulerai douce et on passera du bon temps ce soir pour la party prévu dans ma campagne lointaine. Grand naïf va.

J'adore l'expression anglaise "When it rains, it pours", il ne pleut pas, il ne pleut pas, il ne pleut pas, puis tout d'un coup c'est le déluge. Au bureau le déluge a frappé. Gros problème, gros stress toute la journée. Je reste le plus tard possible, puis je quitte un peu à reculons car je pars sans que le problème soit réglé et que je laisse mon collègue et ami, tout seul pour boucler la journée. Mais j'ai un souper de famille ce soir. En effet, mon frère, son épouse et leurs 4 enfants déménagent aujourd'hui dans leur nouvelle maison. Nous étions copropriétaire d'un duplex depuis 6 ans. Nos 7 enfants sont donc très proches, et nous avons décidé de faire un beau party de départ.

J'arrive donc avec un peu de retard, il fait très chaud, très humide et il n'y a pas un semblant de vent, ce qui est rare dans mon coin de paradis entre le fleuve et les champs. Nous commençons le lunch la sueur au front, quand le cri de mon ti-loup nous glace dans la canicule. Il s'amusait à poursuivre son cousin et sa cousinne, des jumaux de 4 ans, dans la cabane vidée en prévision du déménagement. Le petit cousin verrouille la porte. Mon fils qui a déjà vu les grands ouvrir la porte mal verrouillée par un coup de pied, tente de la forcer en y fonçant tête première. Cette détermination pourra sûrement lui servir dans la vie, mais en l'occurence elle servit à fracasser l'énorme vitre avec sa tête et son bras gauche, d'où le cri mentionné au deuxième paragraphe.

Je suis un type calme. Ma femme et moi avons été sauveteur dans notre jeunesse, nous avons donc la formation et l'expérience pour réagir à une situation semblable. Grand naïf re-va. La fibre paternelle est plus forte que la fibre premier soin et mon premier réflexe a failli me faire hurler plus fort que mon fils. Jos Cool était à un cheveu de la panique. Ne connaissant pas l'origine et la location exacte des coupures, je m'imagine le pire et je cherche le téléphone pour appeller une ambulance. Je respire un bon coup et je réalise que mon fils se calme lentement en voyant sa mère et son père s'occuper de lui. Le saignement semble sous contrôle. Nous l'amènerons à l'hôpital, qui n'est qu'à trois minutes, nous-mêmes.

J'ai 2 autre filles. Ma belle-soeur offre de s'en occuper pendant que nous allons à l'hôpital. Je n'en vois qu'une. Je panique un instant pensant que l'autre, introuvable, se vide silencieusement de son sang quelque part. Je crie son nom, elle accourt de chez la voisine. En me voyant sortir avec son petite frère couvert de sang dans les bras elle éclate en sanglot. Je la calme et monte dans la voiture, le petit et sa mère à l'arrière. En voyant ma plus vieille qui prend place dans l'auto je lui dit de sortir, ta tante va s'occuper de toi. Non, me dis la mère, elle vient avec nous, elle vient de se faire mordre par le chien de la voisine! Ceci n'est pas une fiction mes amis! Nous arrivons donc à l'urgence avec deux enfants blessés dans des accidents distincts arrivés en même temps. When it rains, it pours.

Je suis retourné à la maison après avoir laissé les mousses et ma douce à l'hôpital. Ma belle-soeur avait ramassé le sang. J'ai fini les sandwiches, mais la fête manquait d'entrain. Après avoir fait la vaisselle, je suis aller attendre mes éclopés avec mon autre fille, miraculeusement épargnée de cette soirée bordélique.

Au fil d'arrivée, nous aurons une frousse réelle avec une coupure à la tête collé par un médecin très gentil, 2 douzaines de points de suture sur un tout petit bras et un traitement d'antibiotique pour la morsure du petit chien comme souvenirs.

2 Comments:

  • Sérieux mon vieux à quand ton premier roman? Je suis tanné de regarder mon coupon de preorder amazon que j'ai dans ma chambre depuis 5 ans! Bah... au moins ta plume fait des heureux sur le net!

    By Anonymous mlemelin, at 7:46 a.m.  

  • Merci du compliment. Je tombe en chômage à l'automne pour cause de consolidation du marché des télécom, je pourrais me lancer dans l'écriture... Mais peut-être pas tout de suite.

    Tu as raison pour le net de mon point de vue aussi. Je redécouvre le plaisir d'écrire après plusieurs années à me concentrer sur une prose qui se conjugue sous la forme "select * from ps_machin..."

    By Blogger Hugo, at 8:45 a.m.  

Publier un commentaire

<< Home